En mai, la plage du Cap Saint-Jacques, à Montréal, était fermée, mais les baigneurs l'ont prise d'assaut.

Baigneurs téméraires en manque de plage à Montréal

Source: https://www.pressreader.com/canada/le-journal-de-montreal/20210814/281964610787764?fbclid=IwAR2mhg07OKQw-TeDVFkk-5aNtEzoP6-XrAXg53Zl_IP2Chymn4t5ZgU-LCg

Auteur: Étienne Paré

Le peu d’accès à l’eau dans la métropole amène les gens dans des lieux interdits

Des gardes de sécurité ont été embauchés aux chutes Dorwin de Rawdon.

Des gardes de sécurité ont été embauchés aux chutes Dorwin de Rawdon.

JdM 14 08 2021 2

Les chutes Wilson, à Saint-Jérôme, où des gens se trempaient les pieds dimanche.

Des groupes réclament haut et fort l’aménagement de plus de plages autour de Montréal, sans quoi les gens continueront d’aller se baigner dans des endroits qui ne sont pas sécuritaires.

« Les gens vont se baigner dans des rapides, y compris des familles, et c’est très dangereux. On pourrait contrer tout ça s’il y avait une plage digne de ce nom », martèle Pierre-Paul Sénéchal, président du GIRAM, un organisme qui milite entre autres pour un meilleur accès à l’eau.

Les chutes Dorwin, à Rawdon, dans Lanaudière, et les chutes Wilson, à Saint-Jérôme, dans les Laurentides, ont longtemps été deux endroits prisés à moins d’une heure de route de la métropole

Certes, quelques petits points d’eau existent ici et là à Montréal, comme la plage de Verdun ou encore celle du Cap Saint-Jacques.

Mais selon M. Sénéchal, la seule plage « digne de ce nom » se trouve dans le parc national d’Oka, à une heure du centre-ville.

« C’est largement insuffisant pour une agglomération de 4 millions de personnes, maintient-il. Ce n’est pas pour rien que les gens partent dans le Maine [aux ÉtatsUnis]. Si on avait plus de plages, on pourrait plus retenir nos touristes. »

UNE PISCINE DANS LE FLEUVE

La Fondation Rivières abonde dans le même sens et en profite pour revenir à la charge avec le projet de piscine flottante sur le fleuve, à la hauteur le Vieux-Port, quitte à déplacer la marina qui s’y trouve présentement. « Il y a aussi le site de Bellerive, dans le secteur de Tétreauville [à Montréal], qui pourrait être intéressant », renchérit Christian Généreux, responsable de la mobilisation à la fondation.

M. Généreux fait de l’ajout d’espaces de baignade surveillée dans la métropole une question de sécurité, mais aussi un enjeu environnemental.

« En ce moment, il y a beaucoup de gens qui vont se baigner n’importe où et qui laissent leurs déchets parce que ce n’est pas surveillé », dénonce-t-il, avant de préciser que l’eau à Montréal est beaucoup plus propre qu’on ne le croit.

L’aménagement de plages en bonne et due forme n’est donc pas du tout farfelu, poursuit-il.

À l’Hôtel de Ville, l’administration de Valérie Plante entend bien ces arguments et croit aussi que les Montréalais méritent d’avoir accès à plus de plans d’eau, surtout que les canicules pourraient devenir beaucoup plus fréquentes avec les changements climatiques.

On souligne d’ailleurs que deux projets ont été mis en branle, dans les arrondissements de Lachine et Rivière-Des-Prairies, mais aucune date d’ouverture n’est avancée pour l’heure.

MOINS QUE TORONTO ET VANCOUVER

« Il faut y aller par étape avant d’aller de l’avant. Il faut penser au trafic maritime, au niveau de contamination, à l’impact sur la biodiversité aussi », a énuméré Robert Beaudry, responsable des grands parcs au comité exécutif.

Bien qu’elle soit entourée d’eau, Montréal est largement moins bien desservie pour la baignade que les deux autres grandes villes canadiennes, Toronto et Vancouver, qui disposent toutes les deux de plusieurs plages à proximité de leur centre-ville.

PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, ARCHIVES COLLABORATION SPÉCIALE Des dizaines de Montréalais ont sauté à l’eau le 3 juillet dernier pour réclamer un accès public à la baignade dans le bassin Jacques-Cartier, à l’occasion du Grand Splash.

On veut juste se baigner!

Source: https://www.lapresse.ca/debats/editoriaux/2021-08-05/on-veut-juste-se-baigner.php

Auteur: Philippe Mercure

Qu’y a-t-il de plus jouissif que de piquer une tête dans l’eau fraîche en été ?

Se baigner est un plaisir simple. Mais pour bien des Québécois, en profiter est trop compliqué. Surtout quand vient le temps de faire trempette dans un lac ou une rivière plutôt que dans l’eau chlorée d’une piscine.

Même chose quand il s’agit de canot, de kayak, de pêche. L’accès public à l’eau, que ce soit en ville ou à la campagne, est restreint.

C’est terriblement ironique, considérant le territoire que nous habitons.

Le Journal de Montréal rapportait cet été que les berges des lacs sont de plus en plus privatisées. Ceux qui en ont les moyens y érigent des chalets pour jouir des lieux. Les autres ? Tant pis pour eux. À Austin, en Estrie, la municipalité vient d’interdire la baignade au lac Orford à partir du seul terrain municipal qui y donnait accès.

Le même combat se mène à Montréal. Au début du mois de juillet, des dizaines de citoyens se sont lancés dans le bassin Jacques-Cartier pour réclamer un lieu de baignade dans le Vieux-Port. Les voir sauter dans le fleuve avait un côté joyeusement transgressif.

Mais ce « Grand Splash » n’arrive qu’une fois l’an. Et le projet de bain portuaire, pourtant une promesse-phare de la mairesse Valérie Plante, est désespérément embourbé.

Les obstacles qui se dressent devant les simples baigneurs sont frustrants. Le Québec a une Loi affirmant le caractère collectif des ressources en eau. On y stipule que ces dernières font « partie du patrimoine collectif ». Dans les faits, c’est loin d’être toujours vrai.

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Dans le cas des lacs et rivières, Le Journal de Montréal rappelait que le moment est idéal pour entamer une réflexion. À la suite des inondations de 2019, plus de 870 terrains situés près des cours d’eau ont été cédés aux municipalités en échange d’une aide financière.

Le projet de loi 67 donne aussi de nouveaux pouvoirs aux municipalités pour aménager des accès publics à l’eau. Le ministère de l’Environnement s’est quant à lui donné l’objectif de favoriser l’accès à la nature pour la population depuis la pandémie. Les conditions pour accoucher d’une véritable stratégie sont donc là. Mais cela exigera une concertation entre différents ministères (Environnement, Affaires municipales, Faunes et Parcs).

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À Montréal, la saga du bain portuaire exige aussi un déblocage. Valérie Plante s’était engagée à le faire au quai de l’Horloge, mais on a rapidement constaté que le courant et la présence de bateaux rendaient le site dangereux.

L’intérêt s’est alors tourné vers le bassin Jacques-Cartier. Au cœur du Vieux-Port, un tel bain changerait le visage de Montréal, au même titre que les bains urbains de Copenhague ou de Zurich.

Les lieux sont déjà publics puisqu’ils appartiennent au gouvernement fédéral par l’entremise de la Société immobilière du Canada (SIC). Hélas, ça ne veut pas dire que ça simplifie les choses.

La SIC évoque des enjeux de sécurité avec les bateaux pour y interdire la baignade. Or, on se trouve ici dans un bassin encadré par des quais. On est en droit de se demander pourquoi les dits bateaux devraient occuper toute la place, et si ces enjeux de sécurité sont vraiment insolubles.

Un bain de 75 sur 50 mètres comme le propose la Fondation Rivières occuperait moins de 7 % du bassin Jacques-Cartier. La marina actuelle ne pourrait-elle pas être un peu déplacée ?

Rappelons qu’une marina ne profite qu’à quelques nantis, alors qu’un bain public bénéficierait à tout le monde.

En Grèce, on a envie de se baigner dans le ciel, disait Henry Miller. Au Québec, on a simplement le goût de le faire dans nos cours d’eau.

Les kayakistes se sont déplacés au centre de la rivière pour tapager et éclabousser; des symboles de l’accessibilité du plan d’eau. (Photo : Erick Ouellet)

Un Grand Splash à bord de kayaks

Source: https://www.cybersoleil.com/un-grand-splash-a-bord-de-kayaks/

Auteure : Marie-Josée Bétournay

 

Une quinzaine de personnes ont pris part au Grand Splash Sainte-Martine le 3 juillet. Les participants ont troqué la baignade dans la rivière Châteauguay pour une sortie à bord de kayaks.

À leur arrivée, les baigneurs devaient prendre place sur des quais et se déplacer au centre du cours d’eau avant de faire le grand saut. «L’état des quais de la municipalité ne nous permettait pas d’assurer la sécurité des participants.

C’est pourquoi nous avons dû changer la formule à la dernière minute», précise le directeur général de la Société de conservation et d’aménagement des bassins versants de la Zone Châteauguay (SCABRIC), Félix Blackburn.

La SCABRIC, responsable de la logistique du Grand Splash, a avisé les participants des problèmes techniques dans un mémo. Le 3 juillet, les kayakistes se sont réunis au centre de la rivière d’où ils ont témoigné de l’accessibilité du plan d’eau en faisant du tapage et des éclaboussures. Les embarcations sont demeurées à leur disposition jusqu’à 14 h.

Les participants au Grand Splash, une initiative de l’organisme montréalais Fondation Rivières, visent à sensibiliser les gens «à l’importance d’aménager des accès publics à la baignade sur les rivières et aussi, d’assurer la qualité de l’eau», peut-on lire sur le site de l’organisme. Le responsable au développement et à la mobilisation à la Fondation Rivières, Christian Généreux, parle d’une réussite de l’événement à Sainte-Martine. «On voulait interpeller les médias, sensibiliser la population et la classe politique. À tous les niveaux, les objectifs ont été atteints», explique-t-il.

Bonne qualité de l’eau à Sainte-Martine

La qualité de l’eau de la rivière Châteauguay, à la hauteur de Sainte-Martine, était bonne le 3 juillet, informe M. Généreux. «Il n’y a pas eu de problèmes de grosses pluies», indique-t-il. Les pluies diluviennes détériorent la qualité de l’eau de la rivière Châteauguay en raison de la formation de coliformes. Ces bactéries proviennent des eaux usées des municipalités dont les installations ne peuvent contenir un fort volume de liquide. On parle de surverses.

Le 8 juillet, Fondation Rivières et la SCABRIC ont entamé des analyses à plusieurs points de la rivière Châteauguay afin d’identifier les points de surverses, mentionne M. Généreux. Les deux organismes utilisent le ColiMinder, une technologie désignée pour échantillonner et analyser l’eau. Les résultats sont obtenus en 15 minutes, précise M. Blackburn. La fin de la compilation des analyses est prévue en novembre.

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