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Quelques dizaines de braves se sont jetés à l’eau au Vieux-Port de Montréal

Source: https://www.ledevoir.com/societe/615585/quelques-dizaines-de-braves-se-sont-jetes-a-l-eau-au-vieux-port-de-montreal

Auteur: La Presse Canadienne

Une trentaine de personnes ont bravé samedi matin la fraîche température en sautant dans l’eau du fleuve Saint-Laurent afin de réclamer, une fois de plus, « un accès public et sécuritaire » à la baignade dans le bassin Jacques-Cartier du Vieux-Port de Montréal.

L’événement, qualifié de « Grand Splash », était organisé pour la 15e année par la Fondation Rivières. L’organisme écologiste soutient que l’eau du bassin Jacques-Cartier est « pratiquement toujours propre et l’accès sécuritaire ». Il s’explique mal pourquoi la Société du Vieux-Port refuse bec et ongles d’y autoriser la baignade.

Comment est l’eau ? « Bonne », voire « parfaite », répondent des adultes, mais « froide » tempère Alexis, un enfant qui a également fait le saut. À l’extérieur, le mercure indiquait 17 °C, selon Environnement Canada.

Les organisateurs disaient attendre 200 baigneurs, mais il faut croire que plusieurs ont préféré porter une veste de laine plutôt qu’une veste de sécurité.

« C’est une expérience spéciale, confie Jean Trudeau, un des braves immédiatement après être sorti de l’eau. À l’ombre des gratte-ciel, c’est super. »

Avec une telle température, « il fallait y croire », résume au micro André Bélanger, de la Fondation Rivières. « C’est comme ça les batailles. À Québec, ça leur a pris trente ans. Ils viennent de gagner », dit-il faisant référence à la décision des derniers jours du Port de Québec de déployer un bain portuaire dans le bassin Louise dès l’été prochain.

« C’est les mêmes conditions [qu’à Montréal], a-t-il expliqué en entrevue. Il y a des bateaux, il y a une marina. Ils ont simplement proposé de laisser de l’espace pour aménager un bain portuaire. […] Ici, il y aurait de la place pour en faire 20 bains portuaires si on voulait. »

L’organisme estime que le bassin Jacques-Cartier est le « dernier endroit, le meilleur endroit », pour en installer un à Montréal. Il suffirait de déplacer des bateaux de 100 à 200 mètres et « il y aurait de la place pour aménager quelque chose à peu de frais dès l’été prochain ».

Un avis que partage la conseillère municipale Suzie Miron, qui s’est elle-même jetée à l’eau. « C’est assez incroyable qu’on vive sur une île, mais qu’on ne vive pas notre insularité », a-t-elle déclaré en pleine baignade lorsque questionnée en pleine baignade. Il pourrait « certainement avoir un petit coin » où un tel bain pourrait être aménagé, selon elle, ce qui serait « au bénéfice de toute la communauté montréalaise ».

Selon les plus récentes données publiées sur la carte interactive de suivi de la qualité bactériologique des cours d’eau publiée sur le site de la Ville de Montréal, la qualité de l’eau est considérée « bonne » à la marina du Vieux-Port, et même « excellente » non loin de là à la Plage de l’Horloge.

Dans une entrevue à La Presse canadienne, la Société du Vieux-Port de Montréal, qui est responsable du site, refuse d’admettre que l’eau du bassin Jacques-Cartier est propre à la baignade et dit même l’ignorer. L’organisation dirige les questions sur la qualité de l’eau vers les autorités du Port de Montréal.

La société de la Couronne accepterait-elle d’aménager un bassin de baignade à cet endroit ? L’endroit est « dédié à la navigation », a répondu Nathalie Carrière, la directrice du marketing et des relations d’affaires. Des concessionnaires y sont installés, dont le Bateau-Mouche et Le Petit Navire, les navettes fluviales de l’est et de Longueuil l’utilisent et il a aussi le Port d’escale, a-t-elle noté.

Enjeux de sécurité

La Société du Vieux-Port de Montréal se dit « ouverte » à l’aménagement d’un bain portuaire sur ses terrains et dit collaborer avec la Ville de Montréal sur « l’alternative » du Quai de l’Horloge, une option maintes fois écartée étant donné les enjeux de sécurité, notamment la force du courant et les risques liés à la navigation maritime.

L’organisation estime qu’au bassin Jacques-Cartier aussi des enjeux de sécurité « entrent en ligne de compte ».

« C’est absolument faux que c’est dangereux », réplique André Bélanger, de la Fondation Rivières, d’autant plus qu’il s’agit d’une « marina où les gens viennent accoster leur bateau ».

« Il s’agit d’avoir de la bonne volonté », a-t-il lancé, en expliquant qu’un bain portuaire est un endroit « protégé, encadré », « l’équivalent de grands quais flottants et à l’intérieur vous mettez la zone de baignade ».

Le bain portuaire de Copenhague, par exemple, est installé « là où il y a les transatlantiques », de gigantesques navires, argumente-t-il.

Neuf « Grand Splash » ont eu lieu cette année à travers le Québec, notamment à Saguenay et Trois-Rivières.

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir La mairesse de Montréal, Valérie Plante, était du groupe qui s’est jeté dans le fleuve, mardi, pour le Grand Splash.

Grand Splash: Valérie Plante se jette à l’eau, mais ne se mouille pas

Source: https://www.ledevoir.com/politique/montreal/531633/valerie-plante-se-jette-a-l-eau

Auteure: Jeanne Corriveau

En pleine canicule, la mairesse Valérie Plante s’est jetée dans les eaux du fleuve Saint-Laurent mardi matin à l’occasion du Grand Splash annuel dans le Vieux-Port. Organisée depuis 2003, cette baignade collective qui vise à revendiquer un meilleur accès aux rives à Montréal rappelle combien il est parfois difficile de retrouver les plages que l’industrialisation et la pollution ont fait disparaître.

Deux projets de plage devraient se concrétiser dans les prochaines années, malgré quelques retards. Les aménagements terrestres de la plage de Verdun sont presque terminés, mais il reste des travaux à faire dans le fleuve. « Il nous manquait une autorisation pour travailler en littoral. On doit construire une cuvette pour retenir le sable afin qu’il ne soit pas emporté dans le courant », a indiqué le maire de Verdun, Jean-François Parenteau. L’élu s’attend toutefois à ce que la Ville obtienne le feu vert du ministère de l’Environnement au mois d’août pour une inauguration de la plage en 2019. Cette plage devrait pouvoir accueillir quelque 400 baigneurs lorsqu’elle sera surveillée.

Dans l’est de l’île, le projet de plage dans le quartier Pointe-aux-Trembles s’est pour sa part heurté à plusieurs obstacles. Des aménagements en rive ont été réalisés, mais une contamination des sédiments rend nécessaires d’autres travaux. « C’était autrefois une marina. Ça fait partie de l’historique du lieu et il faut corriger la situation avant de permettre aux gens de se baigner », a expliqué la mairesse de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau.

Plusieurs solutions sont envisagées, soit retirer les sédiments contaminés ou recouvrir la section problématique. Mais selon Chantal Rouleau, cette découverte ne compromet pas la réalisation de la plage. « La qualité de l’eau est bonne. Huit fois sur dix, on peut se baigner, soutient-elle. On est plus habitués au Québec à fermer des plages qu’à en ouvrir. Il y a toutes sortes de contraintes. Mais on a le droit d’avoir un fleuve de qualité. »

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Photo: Valérian Mazataud Le Devoir
Des citoyens qui veulent avoir accès au fleuve participent depuis 2003 au Grand Splash. La mairesse de Montréal, Valérie Plante, les accompagnait mardi.

La mairesse Rouleau est aussi candidate dans Pointe-aux-Trembles pour la Coalition avenir Québec (CAQ) en prévision de l’élection provinciale de l’automne. Et son chef, François Legault, a fait savoir mardi que s’il était porté au pouvoir, son gouvernement financerait ces travaux de décontamination dont les coûts sont estimés de 4 à 5 millions.

Quant au bain portuaire dans le Vieux-Port, le projet est toujours étudié par la Ville. La mairesse Plante, qui en avait fait une promesse électorale l’an dernier, a laissé entendre mardi que s’il ne pouvait se réaliser dans le Vieux-Port, d’autres sites pourraient être envisagés.

Directeur du Jour de la Terre et organisateur du Grand Splash, Pierre Lussier continue de croire que le site choisi, le quai de l’Horloge, n’est pas idéal et que le quai Jacques-Cartier serait plus approprié.

Les plages disparues

Montréal comptait plus d’une cinquantaine de plages dans les années 1950, mais elles ont disparu l’une après l’autre. À leur fermeture, des terrains en bordure de l’eau ont été vendus pour permettre des projets de construction. « Et les gens ont cessé de regarder le fleuve et les cours d’eau parce que c’était considéré comme dangereux », signale Sylvie Bibeau, directrice générale du Comité ZIP Jacques-Cartier.

À l’heure actuelle, l’île de Montréal compte trois plages : deux au Cap-Saint-Jacques et une au Bois-de-l’Île-Bizard.

En revanche, la qualité de l’eau autour de Montréal s’est grandement améliorée au cours des dernières décennies. La construction de l’usine Jean R. Marcotte a permis, à partir de 1996, de traiter les eaux usées de l’ensemble de l’île de Montréal, rappelle Sylvie Bibeau.

Le phénomène des surverses reste cependant présent à Montréal, comme dans de nombreuses villes au Québec, et ces rejets d’eaux usées nuisent périodiquement à la qualité de l’eau. Des cas de raccordements inversés persistent aussi dans le réseau souterrain sur l’île de Montréal. Il s’agit d’une inversion dans la connexion des conduites qui fait en sorte que les eaux usées se retrouvent dans l’égout pluvial pour ensuite être rejetées dans les cours d’eau.

Les secteurs au passé industriel, comme l’est de l’île de Montréal, ont également un lourd héritage. « À partir du port de Montréal, il y a un historique de contamination. Entre 1920 à 1970, les usines pétrochimiques rejetaient [leurs eaux usées] directement dans le fleuve », souligne Mme Bibeau.

Mais selon elle, cet héritage ne doit pas freiner la création de nouveaux lieux de baignade. « La population de Montréal a autant le droit de se baigner que les gens qui demeurent sur le bord d’un lac. Je pense qu’il faut redonner ce fleuve aux citoyens. Plus on pourra en faire, mieux ce sera. Je crois que c’est important d’investir de l’argent là-dedans. »

D’autres projets de plage pourraient se réaliser sur un échéancier plus éloigné. Mme Bibeau mentionne le cas du parc de la promenade Bellerive, dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, où un projet de plage a fait l’objet de discussions avec les autorités municipales.

Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir

«Grand Splash» dans la canicule

Source: https://www.ledevoir.com/societe/446255/grand-splash-dans-la-canicule
Auteur: Le Devoir

Des dizaines de personnes se sont jetées dans les eaux du Vieux-Port de Montréal, mardi soir, afin de revendiquer la réappropriation du fleuve Saint-Laurent par les citadins. Chaque année depuis 2003, le Comité citoyen Montréal Baignade organise l’événement. Une manière ludique de rappeler aux Montréalais qu’ils sont des insulaires et de demander aux élus la mise en place de mesures pour favoriser la baignade sur les berges de l’île.