ACCÈS AU FLEUVE : MONTRÉAL PREND L’EAU


Selon un sondage Léger réalisé en 2009, plus de 80 % des Montréalais font de l’accès au fleuve un enjeu prioritaire. Pourtant, Montréal et ses 260 km de berges ne compte que trois plages publiques. Une ville, une île?
Le 6 juillet, 50 membres du comité Montréal Baignade faisaient le plongeon dans les eaux du Vieux-Port. Le Grand Splash 2010, opération essentiellement médiatique, était destiné à nous rafraîchir la mémoire: seulement 40 % des 260 km de berges de l’île et trois plages aménagées sont actuellement accessibles aux Montréalais, quand la qualité de l’eau rendrait aujourd’hui possible la baignade de manière beaucoup plus large (selon les données du Réseau de suivi du milieu aquatique – RSMA).
Visibles, les membres de Montréal Baignade ne sont pas les seuls à investir le fleuve: sur les rives du parc Bellerive, il n’était pas rare de voir – avant l’interdiction de l’année dernière – des groupes de jeunes gens sauter à l’eau depuis les quais désaffectés. Dans le quartier, on a la nostalgie d’un temps où l’eau faisait partie de la vie quotidienne: “Avant la construction du tunnel La Fontaine, nous avions des marais. La plupart des gens avaient une chaloupe et allaient chasser l’oie, l’épervier”, rappelle Yoland Bergeron, dont la maison est située en face du fleuve. Il y a cinq ans, le citoyen se jetait lui-même à l’eau pour soutenir un projet de plage dans le parc: “Des quais d’observation ont été aménagés. On a aussi mis l’accent sur l’accès aux îles de Boucherville par bateau. Des navettes partent toutes les fins de semaine du parc… Mais toujours pas de baignade.”


Auteure: Aurore Lehmann

Pour plus d’informations : https://voir.ca/voir-la-vie/art-de-vivre/2010/07/22/acces-au-fleuve-montreal-prend-leau/